Tsuyoshi Maekawa

Au Japon, Maekawa entre dans l’histoire en intégrant le mouvement Gutai. Sous l’influence de Yoshihara, fondateur du groupe et mentor de Maekawa, le mouvement japonais refuse que la modernité artistique soit une réalité exclusivement occidentale. Avant tout autre courant, et ce dans le monde entier, Gutai fait éclater les contraintes à travers un vaste champ de possibilités artistiques : utilisation du corps dans l’exploration de l’abstraction, art participatif ou performatif, art technologique, installations.

 

Là où la première génération de Gutai avait souvent déposé les empreintes du corps sur des surfaces planes, Maekawa transforme la peinture en la faisant confiner avec la sculpture. Depuis 1952 où il découvre le travail sur jute de Joan Miro, Maekawa utilise ce matériau qu’il n’a cessé d’utiliser depuis lors, qu’il tasse, burine, fronce, contraint, étend, coud, peint. Il fait correspondre alors lignes et reliefs. Et crée autant d’espaces entre chaque pli, où la matière vient se loger, comme des lits fluviaux portant chacun leur propre microcosme.

 

Chaque qualité de la couleur est également exploitée : son pouvoir d’extension, de saturation, de couverture, de dilution, sa fixation, sur la toile, comme photographique des mélanges de pigment et d’huile qui la composent. Dans l’esthétique japonaise et plus particulièrement à travers le concept de Wabi, les imperfections et l’accidentel sont valorisées, qui renvoient à l’impermanence et aux flux qui représentent seuls la réalité. Jeu avec des éléments fondamentaux des cultures, les œuvres de Maekawa tiennent leur caractère universel de ses motifs chargés d’énergie. Leurs formes en appellent autant au monde macroscopique que microscopique, autant aux mouvements géologiques qu’aux tracés des champs, aux plis de terre que produisent les animaux en retraite qu’au rythme de la vie naturelle, ou qu’à la biologie de la vie. Le jardin sec japonais, modèle issu du XVIIe siècle, image raccourcie du monde, encrerait cet universalisme élémentaire dans l’esthétique japonaise : formations abstraites, ces jardins demandaient à être vus depuis le deuxième étage d’un pavillon par nuit de pleine lune, quand le sable luit à la lumière argentée et que les dunes apparaissent comme les vagues d’un océan immobile.

Feuilletez le catalogue

EXPOSITIONS PASSÉE

ARCHIVES

TSUYOSHI MAEKAWA
CHALLENGING GUTAI 
8/12/2016 - 22/04/2017

Acheter photographie artiste contemporain grande photographie photographie paysage océan
1/1
  • Facebook Clean
  • Twitter Clean

© 2016 par Galerie Comparative

10, rue des Beaux-Arts 75006 Paris, France