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TSUYOSHI MAEKAWA, SECONDE GENERATION GUTAI

Le terme GUTAI, créé en 1954 par Jiro Yoshihara,

signifie « concret » ou « matière », en opposition à l'art abstrait américain, à ses liens avec l'inconscient et l'individualité du peintre qu'il promeut.

Les artistes de la première génération Gutai : Kazuo SHIRAGA, Saburo MURAKAMI, Akira KANAYAMA, Atsuko TANAKA, disparus aujourd'hui, souhaitent au lendemain de la guerre mondiale qui a dévasté leur pays que la modernité ne soit pas une exclusivité occidentale. Ils abordent ainsi de nombreuses problématiques alors inédites dans le paysage artistique mondial : utilisation du corps dans l’exploration de l’abstraction, art participatif ou performatif, art technologique, installations.

 

A la fin des années 1950, ils sont rejoints par trois jeunes artistes qui apportent une nouvelle énergie au mouvement et mettent au défi ses découvertes. Parmi eux, Tsuyoshi MAEKAWA renouvelle le médium de la peinture en créant des "tabeaux sculptures".

 

 

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GUTAI ET AU-DELÀ​  

Après sa rencontre avec le fondateur du groupe Jiro YOSHIHARA, Tsuyoshi MAEKAWA est invité à participer à la 8e Exposition d'Art Gutai qui a lieu à Kyoto en 1959.

 

Aux côtés de ses oeuvres, les réalisations de SHIMAMOTO qui perce ses toiles, de YOSHIHARA, d'Atsuko TANAKA qui présente une oeuvre sphérique de trois mètres de diamètre

 

Après la mort de YOSHIHARA en 1972 le groupe se dissout. Dépassant cette dissolution, Maekawa continue d'explorer les possibilités plastiques de son matériau de prédilection : la jute. 

Maekawa à la 8ème exposition Gutai, Kyoto Municipal Museum of Art, août 1959

Atsuko Tanaka à la 8ème exposition Gutai, Kyoto Municipal Museum of Art, août 1959

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PREMIÈRE EXPOSITION DE MAEKAWA À PARIS

Les oeuvres de l'artiste sont visibles à Paris pour la première fois depuis 1986. C'est également la première exposition monographique de l'artiste en France.

 

Les oeuvres de MAEKAWA sont présentes dans les collections permanentes de la Tate Gallery à Londres, du Musée d'Art Contemporain de Tokyo ou Kyoto et font l'objets de rétrospectives à la galerie Whitestone (Tokyo), Dominique Levy (New York) et Gagosian, qui inaugure à San Francisco une exposition le plaçant au coeur d'échanges artistiques internationaux impliquant Fontana, Manzoni, ou encore Eileson. 

 

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AU-DELÀ DE LA MATIÈRE

En Italie, CAPOGROSSI et FONTANA, qui ont exposé leurs propres oeuvres à la Pinacothèque de Gutai, ont réimaginé la surface de la toile par l'emballage. Autre acteur de ce mouvement d'"art informel", Alberto BURRI a combiné des textures brûlées, déchirées et grattées. MANZONI et SCARPITTA ont apporté des éléments sculpturaux à la toile, empilant des tuiles de kaolin et tissant des bandes épaisses de tissu sur des chassis en bois. De même, le péruvien Jorge EIELSON a drapé et cintré ses toiles en diagonale sur leurs supports.

Avant ces développements des années 1960, MAEKAWA découvre la jute dans le travail de Miro en 1952. Les manipulations matérielles qu'il en fait dès cette époque amorcent ses recherches de redéfinition de la surface peinte et son travail de la toile comme un espace sculptural, qui sera au coeur d'un vaste réseau artistique mondial dont la complexité et l'étendue sont rarement abordées.  

Maekawa dans l'exposition Fontana et Capogrossi à la Pinacothèque Gutai, Osaka, juin 1964

OEUVRES ISSUES DE L'ATELIER DE L'ARTISTE

Si l'artiste a sans discontinuer utilisé le même matériau, il n'a cessé d'en explorer des possibilités plastiques variées, jouant avec la sobriété ou la surcharge, la prédominance du caractère linéaire ou de la couleur, l'intégration d'autres matériaux telle la ficelle, la dimension verticale, horizontale ou le  biomorphisme de certaines compositions, l'aspect plus sculptural de certains travaux des années 1960. 

Plus d'une dizaine d'oeuvres de 1991 à 2014 sont visibles à la galerie Comparative.  

L'artiste dans son studio en octobre 1963

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LE JAPON À PARIS

Une grande saison japonaise est prévue au Centre Pompidou Metz qui se concentrera sur les relations entre Arts visuels et Société à partir des années 1970, sur le Spectacle vivant contemporain ainsi que sur l'Architecture et l'Urbanisme depuis 1945. A Paris, en 2018, le musée des Arts Décoratifs explorera l'univers des arts décoratifs japonais.

Bozar à Bruxelles A FEVERISH ERA IN JAPANESE ART / EXPRESSIONISM IN THE 1950’S AND 1960’S, visible jusqu'au 22 janvier.

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10, rue des Beaux-Arts 75006 Paris, France