Ludovic Cesari
Photographies
25/03/2016 - 7/05/2016

La galerie Comparative est heureuse de présenter la première exposition monographique de Ludovic Cesari (né en 1984, vit et travaille en Italie).

 

Sélection d’œuvres récentes, cet ensemble nous immerge dans sa pratique : Ludovic Cesari capte, sans retouche, des instants d’équilibre fragile des apparences, qui forment des unités de contemplation, de projection de l’imaginaire. Prises depuis les continents d’Europe, d’Afrique, d’Amérique, d’Asie, ses photographies sont de nature méditative, jouant de la transcendance et du caractère contingent qui s’y expriment. À la fois personnelles et ambigües, les œuvres  de l'artiste répondent à une pulsion instinctive et récurrente : celle d’apporter une réponse subjective à la nature de l’existence, un équilibre ténu entre l’intangible et l’expérience.

 

Des thèmes sous-jacents —l’absence, le désir, la solitude— sont représentés sous la forme de métaphores, de motifs, de tangentes, d’évocations poétiques plutôt que d’affirmations.  La confluence d’images qui en dérive —paysages naturels, intérieurs sobres architecturés par la lumière et l’ombre, corps nus— est aussi nuancée que variée, traitant avec autant de sensibilité la matière du corps des femmes et celui du monde.  

 

Cette exposition met face à face deux tendances de son travail : le paysage et la figure humaine. Toutes deux font coexister l’indéfini de l’atmosphère —nuage, brume, zone d’ombre abyssale, flou d’un décor de chambre à coucher— et la linéarité de motifs précis —branches nouées d’une forêt luxuriante, lignes électriques parallèles venant strier l’azur, courbes d’une femme captant toute la lumière et la netteté de la mise au point au centre d’un décor mouvant.

 

Faire l’expérience de l’univers visuel de Ludovic Cesari se rapproche parfois d’un acte intrusif. Ses photographies ont un caractère intime qui apparente leur contemplation à l’immixtion dans un journal intime. Représentative de la volonté de l’artiste de ne pas révéler de visages et de toujours permettre au spectateur d’incarner librement les silhouettes apparaissant dans ses photographies, une figure humaine solitaire, couchée dans un parc de Tokyo à contre-courant de l’activité qui l’entoure, confronte sa distraction privée à l’extériorité de la frénésie de l’expérience contemporaine, offrant tout à la vue, cachant tout au regard.  

 

Les paysages aux perspectives presque absentes invitent l’œil à entrer dans l’inconnu autant qu’ils les laissent à la surface pour permettre de véritablement voir. Et par la coupure que son cadre crée, par l’équilibre entre ce qui apparaît à notre regard et disparaît derrière les voiles de brumes, Ludovic Cesari nous fait toucher du bout de l’œil ces formes informes qui laissent en nous le souvenir d'une possibilité.

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10, rue des Beaux-Arts 75006 Paris, France